Forum sur la Coopération au Développement: Célestine Ketcha Epse Courtès, la voix du Cameroun.

La Réunion du Forum de Haut-Niveau sur la Coopération au Développement, crée par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 2005 était à sa cinquième édition cette année. Au cours de celle-ci, Madame le Maire, Célestine Ketcha Epse Courtès a activement participé à la prise des décisions en sa qualité d’Autorité Locale d’Afrique et du Cameroun, sur invitation de Monsieur OH JOON, Président du Conseil Economique et Social de l’ONU. C’était à New-York, les 21 et 22 Juillet.

Table ronde 1: « Suivi et évaluation de la coopération en matière de développement dans le cadre du Programme 2030: qualité, efficacité et impact du développement durable»

Les systèmes de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre des objectifs de développement durable (ODD) et de la coopération au développement doivent être liés à tous les niveaux.  Les cadres nationaux de mesure des résultats (CMR) apparaissant comme un outil essentiel, la table ronde devait permettre de définir les modalités de conception et d’utilisation de ces cadres pour aligner les plans nationaux de développement avec les ODD et de voir comment la coopération au développement peut soutenir l’implication des différentes parties prenantes dans la conception desdits cadres.  Elle a également examiné les moyens de relier les systèmes de suivi et d’examen de la coopération au développement aux niveaux local et national.

M. THOMAS GASS, Sous-Secrétaire général pour la coordination des politiques du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (DAES), a souligné le caractère « fondamental » de la transparence et de la responsabilisation mutuelle dans le suivi et l’évaluation, estimant qu’en la matière des progrès ont été réalisés.

Les Cadres de mesure des résultats ne sont pertinents que s’ils s’appuient sur un bon plan national de développement, a souligné M. FRED TWESIIME, Commissaire adjoint à l’aide au développement au Département de la coopération régionale, Ministère des finances, de la planification et du développement économique de l’Ouganda.  Une fois que le Plan national de développement aura intégré les objectifs de développement durable et que le cadre de mesure des résultats national aura été élaboré, les structures seront en place.  Tout cela demande, a précisé le représentant, une bonne planification, une bonne coordination, une bonne gestion et une réaffectation de tous les investissements publics dans le Plan national de développement pour éviter de sortir du CMR.  Comme le Plan de développement, le CMR doit être conçu avec l’ensemble des acteurs à tous les niveaux et s’appliquer à tous, et pas seulement aux autorités nationales.  Il faut aussi prévoir des sanctions lorsque les résultats ne sont pas atteints.

M. Twesiime a appelé à une profonde réforme de la coopération au développement, s’agissant en particulier des conditionnalités de l’aide.  Il a regretté l’absence de représentants de la société civile et du secteur privé qui auraient pu expliquer quelle part doit être la leur et a insisté sur la nécessité de sortir des « structures figées ».

Les cadres nationaux de mesure des résultats sont une bonne chose, a commenté, à son tour, Mme BRENDA KILLEN, Directrice adjointe de la coopération au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).  L’OCDE, a-t-elle affirmé, se fonde sur les CMR nationaux de leurs pays bénéficiaires pour affiner son assistance.  Tout, a-t-elle insisté, doit se concentrer sur les résultats attendus par ces pays et non par les bailleurs de fonds.  Les donateurs n’ont pas à réinventer la roue mais plutôt à adapter le cadre de coopération existant aux intérêts de tous.  Mme Killen a mis l’accent sur le rôle des parlements dans le suivi et l’évaluation des résultats obtenus, y voyant là un élément de la responsabilisation voulue.  Elle a également soutenu l’idée d’un système d’examen par les pairs.

Le rôle des parlementaires a aussi été souligné par Mme PETRA BAYR, Membre du Parlement autrichien.  Il y a quatre semaines, a-t-elle indiqué, une enquête a été menée au sein du Parlement sur la manière dont les structures ont été adaptées à la mise en œuvre des ODD.  Les résultats, qui sont attendus d’ici à quelques semaines, devraient permettre d’adapter les méthodes de travail des parlementaires.  Il faudra peut-être aussi revoir certaines lois et s’interroger sur l’éventuel impact des lois à l’étude sur les ODD.  Les parlementaires, a-t-elle estimé, doivent collaborer davantage avec le secteur privé, la société civile et le milieu universitaire.  Mme Bayr a d’ailleurs mentionné la consultation que son Parlement vient de tenir avec plusieurs dizaines de jeunes.

En effet, les objectifs de développement durable ne sont pas « descendus d’en haut », ils sont le reflet des aspirations de la base, des peuples, a acquiescé M. SACHIN CHATURVEDI, Directeur général du système de recherche et d’information pour les pays en développement (RIS).  Il est donc important d’assurer le suivi et l’évaluation des résultats obtenus à l’échelle des pays en y impliquant tout le monde, même dans la mobilisation des ressources.  À cet égard, les méthodes traditionnelles doivent être abandonnées.  Les objectifs de développement durable étant « un pur produit de les Nations Unies », le suivi-évaluation doit être confié à ceux qui partagent les mêmes valeurs: les parlements, les gouvernements, les peuples.

Quid des gouvernements locaux? Mme ROSARIO ZEBALLOS ARNEZ, Conseillère pour les institutions et les relations internationales du Gouvernement régional de Villamontes en Bolivie, a expliqué que sa région, relativement petite, produit à elle seule 45% du gaz extrait en Bolivie.  La région doit veiller à ce que son plan local de développement cadre avec le plan national.  Les gouvernements locaux vont donc, par l’intermédiaire du Ministère du plan, participer à l’élaboration du plan national pour y intégrer leurs préoccupations et priorités, a expliqué la Conseillère, regrettant le manque de coopération entre les jeunes régions boliviennes et les institutions d’aide au développement.

Les cadres nationaux de mesure des résultats vont-ils se fonder sur le Cadre mondial d’indicateurs de l’ONU? s’est interrogé le Sous-Secrétaire général aux affaires économiques et sociales.  Faisant observer que le principe fondamental du Programme 2030 qui est « de ne laisser personne sur le côté » ne fait pas partie de la conception « classique » du développement, il s’est interrogé sur la nature des nouveaux acteurs qu’il faudra dans la coopération au développement.  Il a aussi jugé important de ne pas confondre l’alignement de la coopération avec les priorités nationales et simplification.  Les critères de qualité doivent être les mêmes partout.  Il a également mis l’accent sur la transparence et la disponibilité des données qui doivent être accessibles à tous et pas seulement dans les pays.  Il s’agit là d’un élément important de la redevabilité des États envers leur population.

Quand on regarde les 19 objectifs et les 169 cibles du Programme 2030 et les 241 du Cadre mondial d’indicateurs, sans oublier les rapports d’étape annuels que l’on attend du Secrétaire général, il a fait observer qu’à ce jour, les cases « indicateurs » « sont vides ».  La situation sera sans doute pire si on descend aux niveaux national et local.  Il faut « remplir les cases », a-t-il insisté, en comptant que le Programme 2030 offrira un nouvel espace à la coopération Sud-Sud.   

Comment harmoniser les modus operandi pour que les principes de transparence et de responsabilisation s’appliquent non seulement aux gouvernements mais aussi aux acteurs non étatiques? s’est demandé le représentant de l’Ouganda.  Son homologue du Mexique a attiré l’attention sur l’Alliance mondiale pour la coopération au développement que son pays copréside.  Il s’agit d’une plate-forme de dialogue réunissant bailleurs de fonds et récipiendaires.  À ce propos, le représentant du Togo a appelé la communauté internationale à aider des pays comme le sien à adapter leur cadres nationaux de mesure des résultats aux objectifs de développement durable, d’autant que la réalisation de ces objectifs va impliquer une forte décentralisation pour autonomiser les différents acteurs lesquels ont très rarement des capacités nécessaires.  Il faudra des stratégies locales dotées de leur propre cadre de suivi, a-t-il précisé, demandant un appui au renforcement des capacités.  Des pays comme le Togo ont beaucoup à apprendre à la fois de la coopération Nord-Sud et de la coopération Sud-Sud.

Imposer des conditions qui ne peuvent être respectées est une erreur, a mis en garde la représentante du Ghana, insistant sur l’importance que les cadres nationaux de mesure des résultats soient en tous points conformes aux attentes des populations qui doivent être consultées « du début à la fin ».  L’ONU, a rassuré le représentant du Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique, suit les progrès des pays africains et de leurs partenaires au développement, en collaboration avec la société civile et présente ensuite des recommandations qui peuvent contribuer à améliorer la coopération au développement.  La consultation de la société civile, a prévenu, une de ses porte-parole ne saurait se limitée à des réunions ponctuelles organisées à la discrétion des gouvernements.  Il faut, a-t-elle réclamé, des mécanismes permanents de consultation, en particulier pour les acteurs qui travaillent auprès des plus démunis.  L’Union européenne, a affirmé son représentant, a toujours insisté sur l’inclusion et la participation des premiers bénéficiaires de l’aide.  Il faut abattre tous les cloisons, s’est-il impatienté, en mettant l’accent sur l’importance des partenariats mondiaux pour l’évaluation des ODD.  Le représentant de l’Italie a aussi professé sa foi dans les partenariats multipartites pour une bonne mise en œuvre du Programme 2030.  L’Italie a adopté une loi novatrice qui prévoit des échanges constants entre les différents acteurs de la société, a-t-il expliqué.  Ne serait-il pas utile de mettre en place des cadres de mesure de résultats communs ou régionaux?  L’Union européenne est en train d’en créer un, a indiqué le représentant.

Le représentant de l’Union interparlementaire a rappelé que la plus efficace des procédures de suivi-évaluation de la coopération pour le développement était la procédure budgétaire.  Il a regretté que les parlementaires n’aient pas davantage de pouvoirs en matière de coopération pour le développement.  Le Membre du Parlement autrichien a rappelé qu’en effet les parlements manquaient souvent de moyens.  Pour qu’ils puissent exercer un contrôle, notamment financier, de l’efficacité de la coopération pour le développement, il faut souvent au préalable renforcer les capacités des parlements eux-mêmes.

Table ronde 2: « Coopération en matière de développement avec le secteur privé, les autres acteurs non étatiques et la coopération au développement mixte »

Mme MAGDALENA GERGER, Présidente Directrice générale de « Swedish Leadership for Sustainable Development », a affirmé que lorsque les entreprises jouent leur rôle dans la mise en œuvre du Programme 2030, les employés sont contents, les clients ravis et elles-mêmes engrangent des bénéfices.  Le retour sur investissement est garanti si et seulement si les entreprises restent dans le cadre légal et réglementaire, a ajouté Mme Gerger qui a fait part de la « Déclaration d’intention » des sociétés suédoises membres de son groupement.  Ces entreprises ont pris l’engagement de réduire leur dépendance aux ressources naturelles et de respecter l’environnement, de promouvoir l’éthique dans leurs activités et rechercher la parité entre les sexes.  Respecter le rôle et le mandat de chacun est une force pour aller de l’avant, a conclu la Directrice générale.

M. ALEJANDRO GAMBOA, Directeur de l’Agence internationale de la coopération internationale de la Colombie, a parlé de la création d’un fonds d’investissement en partenariat avec l’Agence américaine pour le développement international (USAID) pour appuyer les investissements du secteur privé national et local.  La Colombie, a-t-il rappelé, est confrontée au double défi de la mise en œuvre du Programme 2030 et de l’Accord de paix conclu entre le Gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).  Le pays doit donc faire preuve d’innovation.

Il est vrai qu’il est difficile de changer le modèle de développement actuel reposant sur l’alignement du secteur privé avec des projets déjà financés par les gouvernements, a reconnu M. PIO WENNUBST, Directeur général adjoint de l’Agence pour la coopération au développement de la Suisse.  Les entreprises qui s’écartent de ces « chantiers battus » sont elles-mêmes traversées par des doutes.  L’innovation est de mise.

L’accompagnement des changements induits par le Programme 2030, le renforcement des capacités techniques et la « coopération financière innovante » ou « financement mixte » sont nos trois piliers, a dit M. JOHN FINNIGAN, Chef du « Development Organizations Corporate and Investment Banking, Citi ».  Il a expliqué que le « financement mixte » est une alliance stratégique entre les fondations et les capitaux privés qui peut avoir des effets multiplicateurs.  Ce type de financement peut multiplier par 9 les fonds disponibles et contribuer à atténuer la perception des risques dans certains pays.  La participation du secteur privé à la mise en œuvre du Programme «030 est une urgence, a insisté M. Finnigan, en plaidant pour l’intégration du financement mixte dans ce que nous faisons tous les jours.

Peut-être est-ce la solution.  M. MOHAMED NIZAR, Président de la « Privatisation » au Ministère des finances des Maldives, a en effet raconté les difficultés rencontrées par son pays pour attirer les capitaux privés.  Le Gouvernement a monté un partenariat public-privé dans un projet d’énergie renouvelable financé par la Banque mondiale à hauteur d’un montant de 40 millions de dollars aux portes duquel les entreprises ne sont pas bousculées.  C’était déjà le cas pour le financement de l’aéroport international où les entreprises ont dit craindre un projet non rentable compte tenu de sa petite taille mais aussi les risques climatiques.  Les secteurs de la construction et même de la pêche sont toujours à la recherche de financements privés, dans un pays à revenu intermédiaire qui n’a donc pas accès aux prêts concessionnels.

Pour les pays les moins avancés (PMA), il s’est avéré que le « financement mixte » n’est pas la panacée, a souligné Mme CORDELIA LONSDALE, Conseillère à « Development Initiatives » du Royaume-Uni.  Ce qu’il faut, c’est utiliser de manière stratégique les fonds disponibles par l’APD « qui est plus que de l’argent » car elle couvre aussi le renforcement des capacités techniques ou le partage des expériences.  L’étude qui a été faite sur le « financement mixte », a estimé la Conseillère n’a rien donné.  Si elle a montré l’importance des données, elle a aussi montré qu’il n’y a pas une langue commune pour les analyser.  Il semble que ces données ne puissent déterminer la part du « financement mixte » et de l’APD dans le financement actuel du développement.

Le financement actuel et ses échecs pointent sur la nécessité d’un « Plan B », en a conclu M. RAJIV JOSHI, Directeur exécutif de « The B Team ».  Pour lui, ce Plan B » doit couvrir les financements innovants, le transfert de technologies et la participation des citoyens et des entreprises dont dépend le principe fondamental de « ne laisser personne sur le côté ».  Le Programme 2030 implique en effet que les entreprises changent, qu’elles mobilisent des capitaux et qu’elles canalisent ses ressources pour sortir les gens de la pauvreté.

À une question sur le rôle des petites et moyennes entreprises (PME), le Directeur exécutif de « The B Team » a répondu que son organisation milite pour la participation de ces dernières car elles peuvent « régler les problèmes de façon pratique ».  Il faut qu’elles participent plus avant au travail de l’ONU sur la coopération au développement.  Il faut, a insisté le Directeur exécutif, tendre la main aux innovateurs qui sont en train de développer de nouveaux modèles d’entreprise à travers le monde.  Le Directeur de l’Agence colombienne de coopération internationale est allé plus loin: il a encouragé les gouvernements à faire appel aux développeurs d’application pour les téléphones ou les ordinateurs parce qu’ils disposent d’une quantité énorme d’informations et de connaissances auxquelles on ne pense même pas mais qui peuvent faire la différence sur le terrain.  Le Chef du « Development Organizations Corporate and Investment Banking » de la Citi, a indiqué que son institution a créé une plateforme sur laquelle les « start up » sont invitées à participer à des initiatives en faveur des consommateurs, des autorités locales, de la transparence et de la lutte contre la corruption.

N’oublions pas les entrepreneurs locaux qui ont les compétences nécessaires pour former la nouvelle génération, a ajouté le Directeur général adjoint de l’Agence pour la coopération au développement de la Suisse.  C’est là que l’APD peut jouer un rôle de renforcement de compétences.  Le Président de « Privatization and Corporatization Board » du Ministère des finances des Maldives, a parlé des initiatives nationales pour aider les jeunes à obtenir des microcrédits et à se lancer dans l’entrepreneuriat.  Le Gouvernement a créé un fonds souverain pour que les PME des Maldives puissent emprunter à l’extérieur.

Quant aux risques tant craints par les investisseurs privés, la Conseillère politique et à la participation à « Development Initiatives » a appelé les gouvernements à la transparence dans l’utilisation des fonds.  Le Directeur général adjoint de l’Agence pour la coopération au développement de la Suisse a soulevé le problème des coûts administratifs élevés rendant impossible la compétitivité des produits.  Il a évoqué les tarifs prohibitifs pratiqués par les compagnies d’assurance.

Le secteur privé est-il digne de confiance? s’est interrogé le représentant de l’Ouganda.   Les scandales existent mais les gouvernements aussi sont touchés par les affaires de corruption, a répondu la Présidente Directrice générale de « Swedish Leadership for Sustainable Development ».  En Suède, la lutte contre la corruption est une priorité et les entreprises doivent obéir à un Code de déontologie très strict.  Le modérateur, M. MATTHEW MARTIN, Directeur du « Development Finance International », a déclaré que de nombreuses initiatives existent avec le secteur privé, en matière de coopération au développement.  Il faut harmoniser le langage et ne plus parler des mêmes choses avec des mots différents.

Table ronde 3: « Perspectives de la coopération en matière de développement pour le renforcement des capacités et le rôle du développement et de la facilitation des technologies dans l’application des objectifs de développement durable »

Modérée par M. ELLIOTT HARRIS, Directeur de la liaison newyorkaise du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), la table ronde avait pour objectif de discuter de la manière dont la coopération au développement peut contribuer au renforcement des capacités pour la mise en œuvre des ODD à tous les niveaux.  En la matière, quelles leçons peut-on tirer de l’expérience, en particulier dans les domaines de la mobilisation des ressources nationales et des données et statistiques?

L’accès à la science, à la technologie et à l’innovation (STI) est très inégal, a prévenu le représentant du PNUE, appelant les intervenants à débattre de la manière dont la coopération au développement peut contribuer à leur accès et du rôle de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire.

Pays en développement et donateur, les Émirats arabes unis, a déclaré Mme MESHGAN AL AWAR, Secrétaire générale de la Fondation internationale Zayed pour l’environnement, accueilleront à la fin du mois d’octobre à Dubaï une exposition internationale sur la coopération Sud-Sud et le renforcement des politiques d’innovation dans le cadre du Programme 2030.  Photos à l’appui, Mme al Awar a rappelé les changements profonds intervenus aux Émirats depuis 1971, qu’elle a attribués à la bonne gouvernance mais aussi à des investissements importants dans des secteurs comme l’éducation.

Aujourd’hui, 58,6% des diplômés d’université émiratis, dans les sciences, les mathématiques et le génie civil, sont des femmes et des mesures ont été prises pour assurer l’égalité hommes-femmes dans l’emploi.  Les Émirats ont d’ailleurs mis en place au début de l’année un Conseil pour l’égalité hommes-femmes et signé la semaine dernière un accord avec ONU-Femmes pour ouvrir à Abu Dhabi le premier Bureau régional.  La Conférence internationale sur le financement du développement ayant démontré l’importance de l’investissement dans l’énergie verte, Les Émirats ont pris des mesures en partenariat avec des entreprises chinoises ou françaises dans le domaine de l’énergie solaire.  Grâce à des accords de partenariat « très bien faits », cette énergie est désormais la source d’électricité la moins onéreuse à Dubaï.  S’agissant du suivi et de l’évaluation des politiques, les Émirats misent fortement sur des partenariats internationaux pour créer les autorités nationales et locales qu’il faut pour s’atteler à cette tâche.

Les mécanismes de suivi et d’évaluation sont essentiels, a acquiescé M. MUHSIN SYIHAB, Directeur adjoint du développement économique et de l’environnement au Ministère des affaires étrangères de l’Indonésie, qui a demandé un partenariat mondial pour la STI « ouvert, transparent, inclusif », les parties prenantes extérieures à la sphère gouvernementale pouvant y être impliquées.  Les partenaires doivent être cohérents et viser l’appropriation nationale, a-t-il ajouté.  L’Indonésie participe de manière active tant à la coopération Sud-Sud qu’à la coopération triangulaire et a intégré ces deux formes de coopération dans ses plans de développement à moyen terme.  Le pays a en outre mis sur pied depuis 2010 des équipes de coordination nationale, le but étant de créer une agence unique qui regroupera les deux formes de coopération.  Des questions prioritaires ont été identifiées, dont la bonne gouvernance et la consolidation de la paix.  Il faut à cet égard mobiliser les ressources publiques mais aussi prendre en compte l’apport du secteur privé, si tant est qu’il assume sa responsabilité citoyenne.

Nous sommes face à une révolution technologique qui transforme les relations et les méthodes de travail, a commenté Mme ALICIA BÁRCENA, Secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations Unies pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC).  Doutant que l’humanité réalise le niveau de complexité technologie actuelle, elle a argué que toutes les transformations induites par la révolution technologie peuvent avoir des effets positifs ou négatifs, certes mais on ne parle pas assez des « villes intelligentes ».  Elle a préconisé un nouveau keynésianisme sous la houlette des pays en développement pour contribuer à l’économie verte et la création d’un « marché commun numérique pour l’Amérique latine et des caraïbes », en partenariat avec les gouvernements, les grandes entreprises privées de communication et la société civile, car il faudra renforcer les capacités des instituts nationaux de statistiques en les rattachant au « Big data » qui à l’heure actuelle, sont toujours aux mains du secteur privé.

C’est la création d’une « banque des technologies » pour les pays les moins avancés (PMA) qu’a prônée M. GYAN CHANDRA ACHARYA, Haut Représentant pour les PMA, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement.  Les 48 PMA ont déposé à ce jour moins de brevets que des pays comme la Malaisie ou l’Argentine.  Il faudra mettre en place une démarche adéquate pour mobiliser les ressources « extraordinaires » qui seront nécessaires à la réalisation des ODD.  Comme les PMA, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement n’ont que très peu, leur salut réside dans la coopération au développement, d’où l’idée de la « banque des technologies »  Pays hôte de la « Banque des STIP pour les PMA », la Turquie s’est engagée à la rendre pleinement opérationnelle avant 2017.

Le représentant turc a rappelé la contribution de son pays à la coopération au développement et à l’assistance humanitaire.  La Turquie a débloqué 3,9 milliards de dollars en 2015 au titre de la coopération pour le développement, soit 0,54% de son PIB.  Durant les cinq dernières années, elle a consacré 1,5 milliard de dollars aux PMA, allant ainsi au-delà de ses propres engagements.  En 2015.  La Turquie a en outre déboursé 3,2 milliards au titre de l’aide humanitaire, soit le deuxième rang mondial, y compris au profit de pays comme la Somalie, le Mali, le Niger ou la Libye.  Depuis 2011, c’est 10 milliards de dollars qu’elle a consacrés pour répondre aux besoins des réfugiés syriens.

Le Fonds monétaire international (FMI) met aussi beaucoup l’accent sur la mobilisation des ressources, notamment fiscales, a souligné M. MARK LEWIS, Directeur adjoint à l’Institut pour le renforcement des capacités du FMI.  M. Lewis a remercié le Forum d’avoir mis l’accent sur l’importance des statistiques qui, a-t-il insisté, sont « essentielles » à la fois pour évaluer l’état d’avancement du Programme 2030 mais aussi pour aider les décideurs à adopter des politiques optimales, y compris dans le domaine fiscal.  Elles permettront de se montrer plus rapide et plus souple pour réagir à tout retard dans la réalisation des ODD.  Quand on parle de renforcement des capacités, il ne faut pas oublier le renforcement des capacités personnelles de chacun, a fait remarquer la représentante du Ghana, qui a expliqué que l’argument du manque de capacités dans les pays bénéficiaires avait souvent été utilisé pour justifier l’intervention directe des donateurs dans les projets de développement, avec pour conséquence la stagnation des capacités nationales, collectives ou individuelles.

Le représentant de Sri Lanka dont le Gouvernement entend présenter dans quelques semaines un projet de loi sur les ODD a confirmé le problème des ressources et des statistiques.  Il est clair qu’il faudra un financement extérieur additionnel, entre autres pour aider le pays à renforcer ses capacités.  Son homologue de l’Afrique du Sud s’est interrogé sur les possibles implications du retrait d’un certain nombre d’États de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI).

Principaux points à retenir du Forum pour la coopération en matière de développement de 2016

Mme ANA CIUTI, Directrice générale de la coopération internationale au Ministère des affaires étrangères et du culte de l’Argentine, a voulu que l’on retienne que son pays souffre de la réduction de l’aide au développement, d’autant plus que, pays à revenu intermédiaire, il n’a pas accès à certaines facilités financières internationales.  Mais, a-t-elle rassuré, cela n’empêche pas l’Argentine de s’investir dans la coopération Sud-Sud et de fixer comme objectif national « Zéro pauvreté d’ici à 2030 ».

M. JACK MCCONNELL, Membre du Parlement du Royaume-Uni, s’est étonné de ne pas avoir perçu un sentiment d’urgence dans les interventions.  C’est « inquiétant », a-t-il avoué, en dénonçant le gâchis imputable à « des experts embourbés dans la recherche de la perfection ».  L’urgence, a-t-il rappelé, est de combler les fossés, en prenant des actions concrètes contre les inégalités.  Au vu des « atermoiements », il a suggéré aux élus locaux et aux parlementaires, représentants du peuple, d’assumer leur responsabilité et d’obliger le pouvoir exécutif à aller de l’avant.

Il faut changer d’état d’esprit et penser différemment, y compris au sein du système de l’ONU, a commenté, à son tour, M. JUAN SOMAVÍA, Directeur de l’Académie diplomatique du Chili et ancien Président de l’équipe indépendante d’experts du Bureau de l’ECOSOC.  L’appropriation nationale des ODD est certes un défi mais les États doivent impulser leur propre développement et donner leurs directives voulues au système des Nations Unies pour voir les changements qu’il faut.  En la matière, il faudra écouter les gens, car on ne respectera le principe fondamental de « ne laisser personne sur le côté » dans entendre ce que les gens ont à dire, a-t-il insisté.  

Tant que nous n’aurons pas de partenariat avec ceux qui sont privés de leurs droits, nous n’enclencherons pas les transformations auxquelles nous aspirons, a renchéri Mme KATE GILMORE, Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme.  Les droits de l’homme sont au cœur même des ODD et ils exigent que l’on en sache plus sur les inégalités, en les documentant abondamment.  Comment accepter qu’aujourd’hui, la couleur de la peau, l’identité sexuelle ou le handicap soient encore des facteurs qui déterminent nos options d’épanouissement? s’est-elle insurgée.  « Ne laisser personne sur le côté » est un rêve qu’il faut concrétiser et, pour ce faire, les dirigeants doivent en être convaincus.

Le prochain secrétaire général des Nations Unies doit être la tête de proue des changements attendus, « en secouant la maison », a ajouté M. JACK MCCONNELL du Royaume-Uni.  Nos pays doivent accepter de céder certains de leurs avantages pour l’intérêt général, a-t-il plaidé.  Pour l’Afrique, a dit représentante de la République du Congo, c’est l’assistance technologique qui compte, « surtout après le pillage de ses ressources naturelles ».  Pour que cette exploitation irrationnelle des ressources cesse, il faudrait aussi que les dirigeants nationaux établissent des lois et des institutions crédibles pour assurer la reddition de comptes et les sanctions pour mauvaise gestion, a rebondi le représentant du Royaume-Uni.  Dans cette perspective, il faut donner plus de responsabilité aux jeunes dans le suivi de la mise en œuvre des ODD car ils seront plus regardants sur les résultats que leurs parents, étant donné qu’en2030, c’est eux qui seront les adultes et les parents.

L’une des représentantes de la société civile est revenue sur le changement de mentalité dans le système des Nations Unies qui doit travailler dans la synergie plutôt que dans la concurrence, a ajouté la représentante du Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme.   

L’animateur du débat, M. CARLOS LOPES, Secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), a conclu les échanges en disant qu’il faut garder à l’esprit que les inégalités ne sont pas une fatalité.  La communauté internationale peut y mettre un terme.

Adoption de la Déclaration ministérielle (E/2016/L.24–E/HLPF/2016/L.2)

Avant l’adoption de la Déclaration ministérielle, le représentant du Nicaragua a réitéré ses réserves sur le paragraphe 19 au motif que son pays continue de s’opposer à l’Accord de Paris sur le climat.  Il a jugé important de tout mettre en œuvre pour transformer nos modes de consommation et de production et parvenir à une société inclusive garante du développement durable pour tous.

Le paragraphe 19 se lit comme suit: « Nous soulignons que la réduction de la vulnérabilité aux changements climatiques est un défi mondial qui nous concerne tous, et en particulier ceux qui vivent dans la pauvreté.  Nous prenons acte des effets de synergie entre la mise en œuvre de l’Accord de Paris et celle du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Nous accueillons avec satisfaction l’Accord de Paris, en vertu duquel toutes les parties prendront d’urgence des mesures visant à faire face aux changements climatiques, et nous comptons que cet Accord fera promptement l’objet d’une ratification, d’une acceptation, d’une approbation ou d’une adhésion et qu’il entrera en vigueur et sera mis en œuvre rapidement.  Nous comptons également que des ressources seront mobilisées pour aider à la mise en œuvre de l’Accord.  Nous sommes conscients que les pays en développement ont des besoins qui leur sont propres et de leur situation particulière, surtout ceux qui sont particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques ».

Tout en notant les réserves du Nicaragua, les représentantes de l’Australie et de l’Union européenne se sont félicitées de l’adoption de la Déclaration par acclamation avant de saluer la contribution déterminante de la société civile et des autres acteurs du développement durable.  L’Union européenne s’est particulièrement félicitée de la valeur ajoutée qu’a constituée la présentation volontaire des 22 rapports nationaux de mise en œuvre du Programme 2030.

Déclarations de clôture

M. WU HONGBO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales (DAES) a parlé de « bon départ » dans la mise en œuvre du Programme 2030.  Le Segment de haut niveau de l’ECOSOC a démontré l’importance de l’appropriation nationale des ODD, a-t-il dit, en reconnaissant les défis de plus en plus complexes du développement lesquels imposent l’intégration des politiques et des partenariats mondiaux revitalisés.  Il a insisté sur un suivi « inclusif » et exhorté le système de développement des Nations Unies à aligner son action avec les ambitions du Programme 2030 pour mieux pouvoir soutenir sa mise en œuvre.

Le Secrétaire général s’est félicité de l’accent mis sur la nécessité de travailler avec les plus pauvres et de respecter les engagements en matière d’aide publique au développement (APD), sans oublier la valeur ajoutée de la coopération Sud-Sud.  Il est revenu sur les problèmes liés à la collecte des données, avant d’appeler, une nouvelle fois, aux partenariats entre toutes les parties prenantes et à une approche du bas vers le haut.  Il a appelé les  participants à s’appuyer sur les initiatives qui sont déjà un succès en matière de coopération au développement

Le Président de l’ECOSOC, M. OH JOON s’est dit certain que les recommandations faites ici donneront aux gouvernements et à toute la palette des acteurs du développement la confiance nécessaire pour accélérer le mouvement dans la mise en œuvre du Programme 2030.  Au cours des travaux, a-t-il rappelé, des options de politiques intégrées ont été présentées.  Les lacunes ont été identifiées et des appels à une nouvelle façon de penser et de travailler ont été lancés, sans oublier ceux à respecter l’interconnexion entre les secteurs et les domaines prioritaires.  Le Président a aussi rappelé les appels à abattre les cloisons et à privilégier les partenariats inclusifs.  La participation des communautés locales, des scientifiques, du secteur privé et des autres groupes aux investissements dans des infrastructures durables a été réclamée.  Les États sortent d’ici convaincus que l’implication de tous dans la prise de décisions conduit à de meilleurs résultats et à un appui plus fort à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des progrès.

Au niveau mondial, l’architecture du suivi et d’évaluation, est désormais bien établie avec le Forum politique de haut niveau sur le développement durable.  La Déclaration ministérielle montre la voie à suivre.  L’ECOSOC a en effet offert aux gouvernements et aux autres parties prenantes une plateforme pour un vrai leadership et des directives liées à l’intégration des trois dimensions du développement durable; pour l’évaluation des progrès et des tendances du développement durable et de la coopération internationale, pour la création des liens entre le travail normatif et opérationnel du système des Nations Unies, pour une meilleure efficacité des activités opérationnelles du système de l’ONU face aux changements intervenus dans le paysage du développement, pour la promotion des partenariats multipartites; pour la voix des jeunes dans le dialogue international sur le développement, et l’amélioration de la réaction aux défis mondiaux et aux urgences humanitaires.

Au cours des deux dernières années, le Forum sur la coopération en matière de développement a donné les preuves de l’importance de cette coopération pour une mise en œuvre effective du Programme 2030.  Nous attendons maintenant qu’il joue pleinement son rôle dans l’architecture mondiale d’appui à la mise en œuvre et au suivi des ODD, a dit le Président.  Il s’agit après tout d’un espace neutre et impartial, permettant la défense de nouvelles perspectives et de nouveaux paradigmes de la coopération.

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Commune de Bangangté située dans la Région de l'Ouest, Département du Ndé, Arrondissement de Bangangté. La commune compte plus de 200000 âmes installées et 07 Chefferies Supérieures.

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