Biographie et discographie de Pierre Didy Tchakounte

Après près de 40 années à promouvoir la culture camerounaise, Pierre Didy Tchakounte retrace ici son parcours de combattant et défenseur de nos cultures et valeurs traditionnelles.

Pierre Didy Tchakounte est un artiste chanteur musicien d’origine camerounaise. Cet artiste au timbre vocal particulier tire son inspiration de la tradition et des instruments africains et a su les mixer à la pop occidentale, créant ainsi un mélange harmonieux entre les instruments africains traditionnels et l’équipement moderne.

L’originalité de sa musique lui a valu un succès mondial. Le Magambeu en effet, dont il est le promoteur, est l’un des rythmes camerounais probablement les plus difficiles. De son auteur, il exige de la finesse, du tact, de la perspicacité, de l’audace, de la concision et naturellement du talent. On le voit donc, ne devient pas artiste musicien traditionnel qui veut. Hormis l’apprentissage dans une école ou auprès des artistes de renom, Pierre Didy Tchakounte (PDT) justifie d’un don certain et d’un sens de création et d’adaptation qui donne du relief à son genre de même qu’il extirpe son genre de l’évanescence.

Originaire de la région de l’Ouest, PDT vit le jour en 1950, à Douala, ce qui ne lui enlève rien de ses racines, ancrées dans un village au sommet de la chaîne montagneuse de l’Ouest. Signe du destin, les origines prédisposent le jeune Pierre à tutoyer très tôt les sommets. Très jeune il commence à s’intéresser à la musique, plus tard en 1974, il se rend en France pour réaliser son premier album international et entre ensuite au conservatoire de COURCELLE à Paris.
Héritier de la tradition Bamiléké, il veut une musique à la couleur locale, un genre d’inspiration traditionnelle. Lors d’une tournée au Cameroun, il fonce dans son village à l’Ouest-Cameroun nommé Bangangté et consulte les « vieux ». Il opte donc pour le Magambeu, qu’il veut moderniser. Le Magambeu se joue donc avec la « SANZA » qui est un piano à pouces africain, sorte de boîte à rythme qui se joue en pianotant sur les tiges dressées.
Pierre Didy Tchakounte présente l’instrument à ses professeurs du conservatoire qui l’étudient en profondeur et le qualifient de « Quintenique » (intervalle de 5 dans l’échelle diatonique) et de « diatonique » (qui possède les tons naturels de la gamme ton et demi-ton). Dès lors il se lance dans la musique traditionnelle, joue ce rythme de l’Ouest Cameroun appelé MAGAMBEU à l’aide de la SANZA, enchaîne des tournées et produit des disques donc plusieurs milliers d’exemplaires ont été vendus, ce qui fit de lui à cette époque l’un des rares artistes noirs à être dans le hit-parade européen des musiques.
Le Magambeu sophistiqué le hisse définitivement devant les feux de la rampe. Pierre explose les plateaux de radio et plus tard de la télé, chose rare à l’époque. La mélodie et la profondeur du texte cimentent sa réputation. Même si grâce à son talent et sa témérité ce rythme ouest camerounais exécuté principalement lors de cérémonies funéraires à connu une mutation et une révolution remarquable, il ne s’est pas départi, comme aime à le dire lui-même l’artiste, de son patrimoine sociologique.

EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE
A côté de la production musicale à laquelle PDT consacre la majeure partie de son temps, ce feru du travail bien fait trouve toutefois de l’espace pour assumer des responsabilités corporatives. C’est ainsi qu’entre plateaux de télé, planches de salle de spectacles et studios, Pierre adhère à la SACEM et plus tard à l’ADAMI (1996), oeuvrant dans ces organismes pour l’épanouissement de l’artiste. Dans les eaux tumultueuses d’un rythme qui essayait une percée dans un espace forcément dominé par le Makossa, et dans une moindre mesure le bikutsi et l’assiko, PDT réussit plusieurs paris.
Sur le plan du style de texte : La langue de Pierre est sobre, claire, concise et l’humour n’est pas absent, qu’il soit en Medumba, sa langue maternelle ou en français.
Dans le domaine du contenu : Chez Pierre on note une diversité de thèmes, allant des plus concrets et parfois simplistes aux plus éthérés ou à coloration socio-philosophique.
S’agissant du marketing, la qualité des mélodies et la pertinence ont à coup sûr contribué à accroitre le nombre d’amoureux du Magambeu, qui se délectaient de ses galettes contenues dans un album ou 45 tours. Ces galettes ne sont pas contenues dans les 45 tours, ce sont les 45 tours qui sont des galettes. Proposition :… « Ces galettes, albums ou 45 tours » qui honorent notre culture. En ce qui concerne la fonction, le Magambeu de Pierre Dydi remplit toutes les fonctions dévolues à la musique : information, éducation, formation, divertissement, régulation sociale et psychothérapie.

ETUDES MUSICALES
1977-1981 : Conservatoire de musique de Courcelles à Paris (Diplôme)
Carrière artistique et catalogue discographique :
Tout le catalogue discographique de Pierre Didy Tchakounte est empreint d’humour et de sagesse. Ni pamphlet, ni panégyrique, la musique de Pierre est un témoignage stylisé dont le texte et les accords musicaux touchent diversement et efficacement leur cible. Deux bornes chronologiques marquent les tournées et concerts.
Avec ses galettes d’un goût exquis dans sa besace, PDT s’est mué en globe-trotter. Il est sans conteste un classique des temps modernes. De par le monde, ce fils du Ndé a bourlingué, semant de tonnes de plaisir et de joies auprès des mélomanes dans les quatre coins de la planète. Les coins d’une planète ronde ? « Partout sur la planète ».
AFRIQUE
Cameroun (Festival des arts et de la culture à Douala 1988, etc…)
Congo Brazzaville (Festival Panafricain de musique à Brazzaville : FESPAM Août 1996
Tchad, Guinée Equatoriale, Gabon, Congo Kinshasa, Togo, Nigeria, Bénin, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Angola, Mali, etc…
Etats-Unis
New York (remenber Africa cultural Festival Manhattan Center 24-25 Février 2001), New jersey, Washington, Californie, L’état de Maryland
Europe
France :

    Participe à plusieurs soirées de musique africaine avec Wassy Brice au Réservoir de Paris et Manu Dibango
    Participe au 1er festival Muzik et Jardins du 19 Juin au 07 Juillet 2002 organisé par la Mairie du 18ème arrondissement de Paris
    Participe à CAMER VOICES à l’UNESCO : grandes voix du Cameroun au profit de l’enfance le 09 Septembre 2005 à Paris
    Participe à plusieurs festivals de musiques traditionnelles aux côtés de Manu Dibango et à plusieurs autres prestations à l’UNESCO) Belgique, Angleterre, Allemagne, Suisse, Hollande, Italie, Espagne, Norvège, etc..

Au demeurant, plusieurs artistes européens et américains ont partagé les arrangements du MAGAMBEU avec PIERRE DIDY TCHAKOUNTE. On peut par exemple citer le grand du KASSAV « JACOB DESVARIEUX », il est toujours encouragé de celui qu’il a tout temps admiré, MANU DIBANGO, et a été sollicité par ce dernier pour la réalisation de certains de ses albums, en particulier « MANGAM-BOLO », « NEGROPOLITAINS », « PAST-PRESENT-FUTUR » où il a joué la SANZA à ses côtés.
Pierre Didy Tchakounte a contribué à la percée de la musique Black en Europe et surtout révélé aux autres que l’on peut réussir une parfaite symbiose entre les instruments modernes et traditionnels. Dans sa jeunesse, PDT s’est approché du cinéma et a fait pas mal de films que ce soit en Europe ou en Afrique. Avec Alphonse Beni, il a fait des films avec des très grands artistes français à une époque. Ses premiers amours l’ont rattrapé et il a arrêté.
Le Magambeu, son genre de prédilection, est une danse traditionnelle Bamiléké qui se joue à l’aide de la SANZA, sorte de piano à pouces africains. Déjà dit au début, PDT le joue avec une grande bande composée de : violon, saxophone, trompette, synthé, guitare base, percussion…
PDT célèbre 40 années de métier au moment où la musique camerounaise est en crise. Cette célébration offre l’opportunité de jeter un regard sans complaisance afin de susciter les vocations et de permettre de remonter avec succès aux sources du mal qui la détruit. C’est dans cet élan que le témoin sera passé à la génération future de manière méthodique.

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Commune de Bangangté située dans la Région de l'Ouest, Département du Ndé, Arrondissement de Bangangté. La commune compte plus de 200000 âmes installées et 07 Chefferies Supérieures.

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