Décentralisation et développement : Bangangté pris en exemple à l’Institut Français du Cameroun à Douala

L’exemple de l’expérience de cette collectivité territoriale décentralisée était la vitrine d’une conférence-débat géopolitique à l’Institut Français du Cameroun de Douala organisée le 28 Octobre à Douala.

Pour élucider le fait, le débat a tourné autour du thème « Le rôle de la décentralisation dans les politiques urbaines et la question du logement à l’ère de la mondialisation ». Du contexte général et enjeux, la construction d’un monde de plus en plus urbain où il est établi en 2014 que 52,5 % de la population mondiale vivent dans les villes et qu’en 2050, ce seront près de 70 % de ces populations qui habiteront les cercles urbains. Ce qui veut dire que partout ailleurs on assiste à une tendance à l’urbanisation accentuée dans les pays en développement, et particulièrement en Afrique. De la problématique, il s’agit sur le plan stratégique et parlant du Dsce, maîtriser le développement des villes, accompagner le développement des villes moyennes ou secondaires, faire des villes des centre productifs favorables à l’essor du secteur industriel. C’est en cela que la présentation du Maire de Bangangté, Célestine Ketcha Courtès qui venait de remporter un prix mémorable par rapport aux actions de développement qu’elle a menées dans la ville de Bangangté, a été très importante à tous quand on sait que « l’accès au logement décent, à l’eau et à l’assainissement, à un environnement juste et sain, pour ne prendre que ces besoins fondamentaux, constituent pour de milliards de personnes des défis cruciaux en milieu urbain. Ces problèmes se posent avec plus d’acuité dans les pays en Développement, dont ceux d’Afrique » avait précisément révélé le maire de Bangangté. « Le taux d’urbanisation actuel du Cameroun est officiellement 52 % avec un milieu urbain qui produit  qui produit 75% du PIB National. Nos villes ont donc à la fois des potentialités mais elles connaissent encore moult problèmes liés entre autre à la prolifération de l’habitat spontané, à l’insalubrité, à l’enclavement de certaines zones sous intégrées, à l’insécurité, au chômage des jeunes, à une forte croissance démographique doublée d’un besoin crucial en logements décents et assainissements qui enlaidissent le paysage urbain ».

Du rôle essentiel de la Décentralisation face aux défis que pose l’urbanisation au Cameroun, Le Maire de Bangangté pense que « plus on est proche du problème, mieux on a des chances de le résoudre », en favorisant la participation et l’appropriation par les populations des projets censés améliorer durablement leur cadre et conditions de vie. D’où la nécessité de bien cerner le cadre réglementaire qui régente désormais cette gestion de proximité des questions urbaines à savoir la Décentralisation des compétences en matière d’urbanisme.

S’agissant du cas précis de Bangangté qui devrait faire tâche d’huile, l’exercice des compétences dans le volet Eau et Assainissement à travers le projet MODEAB, le Maire du chef-lieu du Département du Ndé ne s’est pas privé de présenter comment elle est arrivée à atteindre cet objectif. S’appuyant sur le principe de la continuité de l’action gouvernementale à son arrivée en 2007 à la tête de l’exécutif communal, elle n’avait exploité que les résultats des diagnostiques participatifs réalisés par le Pndp dans 25 unités de planification participative (Upp). De ces résultats, il est sorti un plan de développement communal qui présentait les besoin prioritaires ressentis par les populations de la ville, des groupements et des villages. Le problème d’accès à l’eau et à l’assainissement était la priorité pour 22 UPP. Consciente de ce qu’au Cameroun, seulement 30 et 40 % de la population (respectivement en zone rurale et urbaine) disposent d’un accès à l’eau potable et des infrastructures d’assainissement de base. Il fallait donc agir au plus vite. Ce d’autant plus que n’ayant pas d’accès à de l’eau potable, elle était constamment exposée aux maladies hydriques qui se traduisaient entre autres par un taux de mortalité infantile avec une extrême pénibilité pour se ravitailler en l’eau. En outre, il existait dix réseau scanwater non fonctionnels et qu’il convenait de réhabiliter pour apporter un début de réponse à ce qui apparaissait alors comme un défi urbain et rural prioritaire.

Pour cette question à l’accès à l’eau potable considérée comme étant la priorité des priorités pour la Commune, l’Exécutif Municipal de 2007 a mis à profit les lois de la Décentralisation et précisément dans le segment de la coopération internationale Décentralisée. Après une solution locale via le FEICOM et Hysacam, il a été fait appel à l’expertise des partenaires étrangers : la France avec la Fondation Veolia Environnement, l’Aimf, la Siaap, l’Agence de l’Eau de Seine-Normandie avec lesquels le projet Modeab. Les résultats sont ceux que tout le monde connait et qui ont propulsé la Commune de Bangangté sur le toit du monde.
Au-delà de la réhabilitation des infrastructures, le programme a permis de renforcer durablement les capacités des services techniques et de définir avec les bénéficiaires un modèle concerté de gestion durable des ouvrages qui a conduit à la mise sur pied d’un Service Public de l’Eau (SPE) et un comité d’éducation à l’environnement (CEE) avec à la clé la réhabilitation de 7 réseaux d’eau potable Scanwater dont un gravitaire qui approvisionne Batchingou et Bangou ; la mise en place d’une Régie Communale de l’Eau ; le renforcement des capacités de 3 techniciens et maintenanciers ; la mise en place d’un spe qui intègre un Comité d’Usagers de l’Eau (CUE et un professionnel exploitant) ; la réalisation d’une mini adduction d’eau qui fonctionne à partir de l’énergie solaire. Parallèlement, la mairie a permis la construction de 10 blocs de latrines modernes sèches ventilées pour les marchés avec un gestionnaire contractuel pour la Mairie ; la formation des maçons locaux à la construction des latrines écologiques ; la valorisation des urines en urées pour leur utilisation dans les champs, après collecte et après traitement de celles-ci.
Pour dire que la Décentralisation peut et doit apporter beaucoup aux collectivités territoriales décentralisées. La responsabilité des édiles municipaux est donc grande à plus d’un titre.

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Commune de Bangangté située dans la Région de l'Ouest, Département du Ndé, Arrondissement de Bangangté. La commune compte plus de 200000 âmes installées et 07 Chefferies Supérieures.

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