Les populations du quartier III de la ville de Bangangté victimes de destructions de leurs maisons. Madame le Maire et le Préfet du Ndé en sapeurs-pompiers

Plusieurs familles résidant dans ce quartier de la ville ont vu leurs maisons écrasées par des engins des travaux publics ; c’était le 27 février 2017 après une première tentative ratée le 26 du même mois. La tranquillité des populations du quartier suscité a été mise à rude épreuve par des engins commis par un certain Ngassam en exécution d’une décision de justice depuis 2013.

La genèse de l’histoire

L’affaire remonte en 2004, sieur Ngassam introduit une requête plaintive aux tribunaux de Bangangté et du NDE, aux fins d’expulsion de nombreuses familles qui dit-il occupent illégalement ce qu’il a appelé sa propriété foncière. Apres échange de plusieurs correspondances entre la Mairie de l’époque et sa tutelle administrative, l’affaire au niveau du tribunal connait son épilogue en 2011 par une décision rendue, demandant le déguerpissement des occupants avec comme sanction pour non exécution une pénalité de 10000f / jour. Le volet social va permettre à ces nombreuses familles sou pression de souffler un peu. Le 20 juin 2012 le tribunal revient à la charge pour non exécution de la décision ; entre temps l’affaire est inscrite en Appel à Bafoussam, le 26juin 2013 la court d’appel tranche et ordonne le déguerpissement des occupants. La cour suprême est saisie, le verdict de la cour d’appel est confirmé mais une fois de plus le volet social permettra à ces familles de continuer à occuper ces espaces nonobstant le verdict de la cour suprême. Cependant, Mr Ngassam, le plaignant se fondant sur le document n° 1202 à lui remis par les services départementaux des domaines et des affaires foncières va requérir les services d’un huissier de justice de la place, en l’occurrence Me Youmbi Mathias aux fins d’exécuter la sentence du tribunal.

L’huissier dans une première tentative d’exécution de cette décision ne parviendra pas à détruire ces maisons, il ordonne au conducteur d’engins de battre en retraite ; à la deuxième descente, il diligente personnellement la destruction des maisons en l’absence des occupants ; un vieillard grabataire a eu la vie sauve grâce à la témérité d’un jeune garçon, un jeune garçon est passé tout près de la mort en tentant de sauver un enfant qui dormait sur son lit. Les élèves de la maternelle, du primaire, du secondaire et des universitaires de retour des cours ont  vu leurs fournitures scolaires et universitaires complètement irrécupérables, des ordinateurs portables complètement détruits par la casse et les morceaux de briques et parpaings ; la désolation était à son comble quand le conducteur d’engin sur la demande de l’huissier a procédé à une destruction systématique des toitures après les murs rendant pratiquement inutilisable les tôles, les lattes et les chevons, bref tout ce qui a servi pour bâtir ces maisons. C’était la consternation et le deuil dans toute la ville. De mémoire d’homme, personne n’affirme avoir déjà vu une telle destruction avec une atrocité digne des adeptes de Lucifer. Aucune aiguille n’a pu être récupérée des décombres.
Informée de ce qui s’est passé, Madame Célestine Ketcha Epse Courtes, Maire de la commune de Bangangté est allée rapidement sur les lieux voir ce que « son conseiller municipal » a commis comme dégâts dans l’exercice de ses fonctions d’auxiliaire de justice qui exécute froidement une décision de justice datant de plus de trois ans.

Sécuriser d’abord les familles

Dans son élan de cœur, de défenses et protections des minorités, Madame le Maire va d’abord requérir plusieurs domiciles privés pour mettre à l’abri des intempéries ces familles devenues comme des réfugiés et victimes de guerre contre Boko Haram qui se sont retrouvés à Bangangté. Après avoir personnellement conduit ces familles sans abris dans les lieux suscités, Madame le maire va ensuite passer à la deuxième phase : nourrir ces femmes, enfants, vieillards, grabataires, avant de voir en profondeur ce qui s’est réellement passé. En quittant définitivement les lieux, Mme Célestine ketcha courtes va appeler la population en colère, très remontée à faire preuve de retenue et de responsabilité car dit-elle la violence n’a jamais résolu un problème.

L’acte trois est la saisie de l’Autorité Administrative, le Préfet du Ndé, Mr Oumarou Haman Wabi va réunir autour de lui dans la salle des Actes de l’Hôtel de ville de Bangangté, les populations victimes, l’huissier, Madame le Maire et quelques conseillers municipaux. Objectif de cette rencontre : rechercher les voies et moyens d’apaisement des populations sinistrées, s’enquérir de la situation qui a conduit à la destruction des maisons.
Dans son propos introductif de souhait de bienvenue à Monsieur le Préfet du NDE, Madame le Maire va faire remarquer la vulnérabilité des familles devant une telle action et leurs sentiments d’impuissance ; le volet social a été foulé du pied. L’huissier prendra la parole pour déclarer qu’il est là en tant que Conseiller municipal, et aussi en sa qualité d’huissier. Sinon, il ne se serait pas présenter.

Monsieur le Préfet en bon père de famille a déploré ce qui est arrivé, en reconnaissant que la justice est un corps à part, aucune de ses décisions ne pourraient être remises en cause. S’agissant du volet social il a calmé, adouci les victimes en promettant qu’une action en vue de réparation sera engagée quand toutes les formalités seront épuisées et, en emboitant le pas à Mme le Maire, le n°1 du département du Ndé a conseillé ses administrés victimes à ne pas céder à la provocation par la violence physique, morale ou gestuelle. Cette réunion a permis de comprendre que le requérant lui aussi n’a pas droit sur cette parcelle qui est du domaine privé de l’Etat ; le déguerpissement est ordonné du fait que sur une impasse. La séance fut levée après 2h45min d’échanges francs et de débat concis.

Tout est bien qui finit bien, Madame Célestine ketcha courtès, et Mr le Préfet du Ndé, Oumarou Haman Wabi ont réussi à maitriser cette situation qui pouvait se transformer à autre chose et devenir préjudiciable. L’on espère que les populations victimes retrouveront leur toit pour le bonheur de tous.

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Commune de Bangangté située dans la Région de l'Ouest, Département du Ndé, Arrondissement de Bangangté. La commune compte plus de 200000 âmes installées et 07 Chefferies Supérieures.

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